Aux fils de GrossebafPlus initiatique
qu’un plongeon
aoualpé dans les fonds baptismaux… plus hiératique
qu’une bénédiction papale,
urbi orbitale au
st Pierre balconnet… plus fondateur que la mort de
JC… le Jules César des romaines contrées… plus subtil
qu’un étripage de barbares déferlant sur l’empire… plus gracieux
qu’une razzia Viking en Normande country… plus délicat
qu’un pilori… plus mouvant
qu’un
Ucello aux batailles de
San Romano… plus gros
qu’un cachalot… plus savoureux
qu’une
avoinée d’étalons… plus judicieux
qu’un massacre au pilon… plus farouche
qu’un troupeau de grognards en campagne d’
Austerlitz… plus magistral
qu’un
blitz… plus beau que la symphonie des passions… plus
bio que l’atomique déflagration… l’évènement prestigieux s’il en est, le seul jeu qui peut réellement nous faire croire en l’évolution, nous transporte, nous
enjoie, nous astique l’entendement, nous survolte, passionne nos mousmés,
un match des tri nations quand deux équipes sont au zénith de leur art.
Un des très rares lieux où l’homme est un homme, impavide, frondeur, honnête envers lui-même, solide et subtil à la fois s’il excelle… où sa violence intrinsèque ne s’exprime
qu’au terrain majeur, strictement encadrée par la règle que chaque rugbyman digne de ce nom se doit de respecter à la lettre. De la violence oui, acceptable, nécessaire, fondamentale,
vitalisante qui ne déborde jamais de son cadre, n’effleure jamais l’innocence, le faible, le démuni, ne s’
acoquine pas avec l’injustice, le mensonge, le factice. Quoi de plus beau que l’affront facial honnête, sans fourchette ni surin, sans
zobus ni gourdin ?
Qu’un beau placage vous bousculant les tripes à faire scintiller les constellations,
qu’un
ruck percutant à travailler les jambons,
qu’une franche giflée,
qu’un raisin ruisselant sur un cuir d’ecchymoses…
qu’une passe généreuse et précise dessinant des géométries fugaces dans le rectangle verdoyant…
qu’un centre ouvrant l’espace,
qu’un
pilar généreux supportant tel Atlas son joug éternel, stoïque et franc, aux premières lignes de l’affront ? Le père
Odin lui-même
acquiesce, encourage et protège ces fils de Grossebaf, nobles batailleurs dont les druides nordiques chanteront éternellement les louanges.
Toutes les guerres devraient se régler sur le divin pâtis, lors d’un match de rugby… entre hommes comme on dit. Là, et là seulement, on parlera d’évolution ! La
VIOLENCE ENCADRÉE, canalisée,
cramponnée au cortex qui oriente son débordement, choisit la cible, impose la mesure, comme gage de la maîtrise de soi, avènement de la raison, du juste tampon… faisant honneur à la patience divine du grand créateur, qui attend dans son coin depuis des millénaires, les preuves efficientes de notre prétendu savoir. On a pourtant croqué… pas encore digéré visiblement, le fruit savoureux de l'arbre emblématique.
Bref, les tri nations, c’est le père, le fils, le saint esprit des
bastons… de la
chicore et des marrons… une palette colorée, expressionniste, pour un tableau de maître, toujours renouvelé. Samedi donc, à
bienveigner ce jour sacré on se dispose. Alléluia !
© Le Pilier