Jour de Commémoration Nationale, l’Adjudant en tenue appropriée déboule chez Bob… mâle, tonique… impérial !!! La troupe prenait son jus sous le soleil de Novembre, bavassant de choses diverses… du grand quinze… de la CDM réussie… de l’inquiétant Celsius pas vraiment de saison... de la dernière pétanque. Le Kaki moqueur de nous constater en civil, loin de ces préoccupations, s’adressa à Lampion son clebs, qu’il fit placer à sa droite, lui intima un « assis » net, tête droite, regard fixe, index à l’appui, que le canin prit pour un coucher franc... s’étala dans la poussière d’un automatisme adapté, visiblement lassé de la marche forcée que son maître venait de lui imposer… annulant de fait et sans excuses possibles, l’effet martial de l’apparition du gradé et de son ordonnance !!!
L’Adjudant – Regardez-moi ces gonzesses… ça jacte du climat, des boules... au lieu de rendre hommage à nos soldats... non mais… savez pas ? La commémo ? Matez donc pas l’arc de triomphe ? Sa flamme ?
Bob – De quoi vous causez mon colon ?
L’Adjudant – Nom d’un canon grippé, fiente à Bertha… le défilé les limaces!!! Le défilé du 11 Novembre !!!
Le Pilier – Ben justement mon galon, on se proposait de lever un verre à la mémoire de nos anciens… on n'attendait que vous !!!
L’Adjudant quelque peu surpris, disons ralenti dans sa diatribe qui visiblement devait nous péter au visage si le Pilier n’était pas intervenu avec sa répartie apaisante, retint son ardeur, moqua son canin affalé de ne pas le soutenir par un grognement réprobateur, chercha quand même quelque chose pour reprendre le cours normal de sa feinte colère !!!
L’Adjudant – Mais je ne vois pas d’emblème flotter au-dessus de vos minables existences… qu’avez-vous fait du tricolore fanion ?
Le Pilier – Justement, on s’était dit que vous alliez nous fournir des couleurs plus vives que le terne drapeau de grand père. Il tombe un peu en lambeaux… et puis comme l’avons déjà raconté, l’ancien voulait déjà pas que marmot on trimbale son flottant, c’était sacré son emblème. Ya que lui qui le touchait, le déposait avec précaution à la fenêtre le jour de l'armistice… alors de peur qu’il ne vienne encore nous le reprocher par on ne sait quel artifice, il trône impérial à côté de son casque et de sa cartouchière dans notre sanctuaire mémoriel, là-haut… bien au-dessus de nos minables existences mon colon… dans un coin du grenier !!!
Lu – Et puis les tricouleurs mon colon, on les porte sur le cœur !!!