17 décembre 2008

SERGE SIMON / LYRISME PACHYDERMIQUE


Suite bien épaisse...
Nous ? 
Discréditer un élan créatif dépassant le quintal de fadaises ?

Nous ? Décharper une prose légère comme une enclume de Vulcain ?
Nous ? Intriguer pour éradiquer un livre neuf des rayons d’une bibliothèque de vestiaire ?
Nous ? Insolidaire d’un pilier teutonique supplantant le filet délicat de notre La Fontaine national par un osé de figures à vous noyer de rire dans un océan de romantisme camphré, enserré de Velpeau, sises en une prose quasi transcendantale des chevilles jusqu’aux pieds ?
Nous ? Pinailleur de lettres à pâtis ?
Nous ? Pas gentil ?

Ho ho !!! On nous vilipende... nous astique... nous assaisonne... nous défigure notre belle intention ? Car quoi ? Faisons de la pub pour ce livre qui eût tout à fait pu passer inaperçu si le noble Pilier ne veillait pas au grain.... Diffusons gratos, le meilleur de ces lettres profondes qui n’attendent que la germination, pourvu qu’une âme sensible bichonne leurs pâtis, et dépose ces fleurs de l’ombre au grand sun des chroniques de cet incomparable Blog, non ? Qui peut se targuer de livrer autant d’extraits croustillants ? Qui va, par son dévouement total, sans doute susciter chez les plus timides et croûtards du monde, des vocations enfouies dans cet inconscient empêcheur, structuré comme un langage, qui n’attend qu’à expirer son meilleur babillage ? Ces pachydermes en tutu, encore rétifs aux tropes, écrivains de la trompe qui n’attendaient qu’une simple ouverture pour exprimer le meilleur de leur peu ?
C’est nous !!!!! Altruiste, encourageur, partageur que nous sommes... faisons déjà des émules avec nos balivernes, poursuivons notre sacerdoce en proposant ces lectures inédites, enjoueuses de sapins, de pantoufles et de binettes fraîches, quand viendra de Noël le comblé espéré !!!! Ach !
Revenons zaux lettres authentiques du sympathique Serge Simon.
Le Deuxième chapitre s’intitule, l’impact.
A vos estomacs... ou zigomas !!!!!

"Nous sommes là dans une attente chaude. Je ne suis plus. Je ne suis plus seul, je ne suis plus perdu. Je trouvais l'autre. Je le presse contre moi pour vivre, le vivre, me vivre. Je profite de cette expérience charnue de l'altérité. Vestiges préhistoriques des fondements du rugby, la mêlée en est l'écrin où repose son diamant : le lien."
Ah, l’altérité d’un cortex au frontal débineur dans sa grotte de Tautavel... Si peu ont osé nous en dévoiler l’aspect charnu qu’on se demande bien ce que foutent les paléontologues du CNRS... Simon nous cause là d'une touchante préhistoire, à vivre, se vivre, nous vivre, se revivre ensemble, partageur solidaire qu'il est d’un grand moment d’existence que ce lien perpétue... un lien de diamant qui rayonne de partout, quand les dinosaures chantaient un peu tard les louanges de l'altérité.

"Le rugby, la mêlée, sont cette vérité pure à l'origine de l'humanité : s'approcher, s'accrocher, aux autres pour ne pas être dévoré par la nuit."
Dévoré par une nuit ça fout les jetons ! Mais point d'inquiétude, le temps digère assez mal la prose farcie. Toussa finira en chasse d'eau. 

"Regardez partout ailleurs, ils ne se touchent que par accident. Le rugby est seul à mettre en scène ce vertige du lien. Regardez ces mains serrées, regardez ces doigts exsangues et affamés..."
Arf arf ... Regardez ces doigts exsangues et transparents de vacuité... ces doigts très auriculaires affamés de pavillons cireux, ces majeurs aux appétences de fondements... ces pouces à la diète, ces index accusant la disette, ces annulaires morts de faim, dont tout le monde ignore le nom, unis quand même dans une seule main. 

"Le talonneur hurle une inquiétude.
C'est un nerveux peut-être un timide."
Savourez...

"Nous sommes 1 t de métal en équilibre sur un fil."
Des kilotonnes de délicatesse sur un fil de surplus d'émotion... c'est ça... Mais elle sort d'où la ganache ? Fait le comique troupier dans la vie le Simon ? Pas possible ? C’est koi son job ? De l’art brut ça !!! ça fricote avé les cimes ça... phénoménal le gazier... ya des lettres dans sa famille, vient pas de nulle part... c'est clair. Enfant prodige... ça vous débourre la poésie d’un Villepin ça... Aux zacadémies le grand Serge !!!! Aux zacadémies fissa !!!! Trouvez-lui un fauteuil... un tabouret... un pliable... un paillasson... encourageons cet amuseur... ce musculateur de prose... allez hop hop... un siège à la fédé !!!
C’est pas finito... ya encore du rigolo.

"Je suis le requin bleu sombre au-dessous du nageur irradié de soleil et tentant de fuir."
Re gnac gnac... et ouarf libitum !!!! Et le requin marteau enfonce le clou ! Pardon... un requin bleu sombre, ho ho, du dessous sans doute, flottant sous le pâtis... une grosse baleine qui poétise... un champ lexical poissonneux... en adéquation parfaite avec le rugby d'icy en effet... judicieux toussa... manque pu qu'les moules, la planche, le maillot et la tong et le cassis !

Bon, sommes vidés, pliés, ruinés, par ces assauts fendards... reviendrons sous peu avec d’autres extraits droit sortis de la cuisse même ou du croupion de Serge Simon, pour une prose sub Jupitérienne mais pleine d’envie, d’innocence... tellement qu'on se doit en effet d’encourager nos zenfants à exprimer ces petits riens qui font les grands comiques. Notre ex pilier du Stade Français en est un exemple imparable... S’il insuffle cette belle humeur, nimbée de platitudes et puérilité en notre vie soucieuse, c’est bien pour nous rassurer, tout impavide qu’il est devant le ridicule, que ce dernier n'a jamais tué personne et n'empêche visiblement pas de dormir. Quelle audace ! Quelle leçon de d'humilité !!!
© Le Pilier