11 février 2019

LE PILIER POSITIF

On critique souvent le Pilier d’avoir vu, annoncé, expliqué les raisons de la descente aux enfers du rugby hexagonal depuis plus de dix ans. Sa prose douteuse sème le trouble chez les férus de littérature académique… agace les amateurs de cuir… certains virulents n’hésitent pas à l’éreinter, le conspuer, considérant que trop c’est assez, lui intimant de laisser le terrain à la nouvelle génération, plus connectée, plus réseau, plus copine, plus habile avec un seul doigt que lui avec son petit attirail philosophico-systémique, son électivité cybernétique, ses appropriations quantiques et autres psychologies clairvoyantes qui ne font du reste que révéler ce qu’on ne veut pas savoir !!! Ce qui importe aujourd’hui c’est la connexion pas la cognition, c’est l’enthousiasme, la dynamique startup, innovante, percutante, la joie du selfie, la majesté des applis, le « c’est sympa »… au roupillon je dis non, au futur épanoui je dis oui… etc… en somme on pourrait dire la volition positivement béatique du moment, comme le suggère une gente dynamique, sémillante et pleine d’allant ! Une gente qui gagne tout, réussit tout... vous ripoline un quotidien maussade en un tournemain, du sol au plafond !

Ayant constaté que le Pilier n'avait pas ce profil gagnant, qu'il jouait toujours la même partition, disque dur grippé… vérités assénées… on lui a fait remarquer la chose. Tu vaticines depuis des lustres, grognes, mais n’es pas un sou de rien du tout positif… tu ne vois pas bleu quand c’est tout noir, annonces une cata quand le combat est perdu d’avance, écris l’histoire morose de ce qui nous attend comme si tu l’avais déjà vécu, alors qu’elle n’est même pas écrite. Un comble ! 
Tu te répètes, tempêtes, prônes le changement alors que tu ne bouges pas du divan… ton Blog n’a aucune connexion… ni Twitter, Facebook, Snapchat…Instagram…pic et pic et colégram… on en passe !!! Comment veux-tu avoir des amis ? Comment peux-tu espérer être entendu par la fédé si tu n’es pas sympa ? Si tu ne positives pas ? 
Profitant d’une soirée en petit comité, avec deux amis solides au cas où... avons donc saisi l'occase d'une ambiance détendue pour lui faire part tel quel de nos critiques, le mettant sans le dire, au défi de voir les choses autrement. On s’attendait à l’explosion de la boite à gifles… d’une catilinaire vigoureuse… rien de tout ça. Contre toute attente il hésita, se pencha, souffla... sembla reconnaître les faits, se plia a l’exercice avec une sincérité, simplicité… intimité même, déconcertantes. Trouvez ci-joint ce moment exclusif quasi in extenso. 

Julien - Alors Pilier pas trop douloureux ces diatribes ? 
Le Pilier - Si bien sûr… on veut nous aussi des amis… être aimé… 
Julien - Oui bon… voyons si c’est possible… 
Le Pilier - Sympa.
Max - Tu as vu les Bleus contre l’Angleterre ? Quelle dérouste non, pour reprendre ton expression ? 
Le Pilier - Pas vraiment, on n’a pas pris 50 pions, ni 60… c’est à noter… 
Max - Mais 44 à 8… c’est humiliant non ? La plus grosse défaite encaissée depuis 1911 ! 
Le Pilier - Mais c’est un moment historique ! Ils loupent le record d’un seul petit point… 
Max - Tu n’éructes pas contre cette atonie des Bleus ? Cette facilité avec laquelle les Rosbifs ont plié la victoire… ce tas de rugby qu’on fabrique ? 
Le Pilier - Pas du tout… c’est tactique… sommes à la recherche du temps perdu.
Julien - Mais ça fait 15 ans que c’est le même baratin… 
Le Pilier - Non non, c’est nouveau, ya des jeunes tout neufs… faut leur laisser du temps… 
Max - Jusqu’à quand ? 
Le Pilier - Jusqu’à ce qu’ils se forment. 
Julien - Mais quand seront-ils formés ? 
Le Pilier - Quand ils seront prêts… 
Max - Mais… 
Le Pilier - On fera appel alors à d’autres jeunes pour prendre le relais… et la boucle sera bouclée. 
Julien - Mais on dit qu’on est toujours en préparation, ça devient absurde non ? 
Le Pilier - Pas du tout, se préparer c’est une bonne chose… on peut pas aller jouter sans se préparer. 
Charles - Les journaux et autres bavasseurs causent jusqu’à saturation de statistiques car ils ne savent jamais quoi raconter… elles sont même affichées sur l’écran… qu’en penses-tu ? 
Le Pilier - C’est intéressant… ça nous donne des indications dont on ne soupçonnait pas hier encore la pertinence. Tiens depuis le début du tournoi ya eu plus de mêlées qu’en 2005 et 2008, mais moins qu'en 1995... c’est intéressant… tel joueur a fait un placage de moins que l’année dernière à la même heure… un autre deux de plus… il en a raté 4... et son remplaçant 2... untel a couru 27 mètres en Novembre… et 26 cette fois. Tu vois, ces indications en disent beaucoup. Il a porté le ballon plus ou moins de fois… c’est bon de le savoir.
Charles - Mais c’est absurde ? 
Le Pilier - Pas du tout, on a enfin des infos qu’on avait pas. 
Julien - Mais ce match, t’en dis quoi ? 
Le Pilier - Faut revoir toussa à la vidéo… pour bien comprendre il faut attendre, analyser, tu peux pas te laisser aller comme ça à des avis spontanés, alors que t’as même pas vu la vidéo. 
Charles - Tu parles comme l’entraîneur et les joueurs… qu’est-ce qui t’arrive ? 
Le Pilier - On voit plus loin… doit y avoir de bonnes choses qui peut-être nous ont échappé… avec toutes ces pépites qu’on possède dans l’équipe… ya du yavoir des étincelles qu’on a pas vu. 
Max - On en a une tiens, une grosse pépite... au centre. Mais ils ont annoncé un rugby de mouvement… t’as bien entendu ça… et sommes plus balourds que jamais… 
Le Pilier - Oui, un rugby de mouvement statique… c'est là-dessus qu’ils vont bâtir.
Max - On touche le fond là Pilier… arrête ton cinéma. 
Le Pilier - C’est dans le fond qu’il y a des perles rares… ces pépites justement… et puis quand on arrivera encore plus au fond on travaillera la forme… d’abord le fond, puis la forme comme on dit… un classique qui a fait ses preuves. Faut laisser le temps au temps de bien faire les choses comme il faut les faire. 
Max - T’es malade ou quoi ? 
Le Pilier - Non, si tu positives pas tu n’ambitionnes rien. 
Julien - Pilar... on ne t’a jamais vu comme ça ? 
Le Pilier - C’est toi qui l’a dit en nous abordant… « tu ne changes jamais »… c’est fait… ça nous a touché ton truc… on veut être connecté au monde ambiant… plus chantant… plus ami… tu fais un selfie ? 
Julien - Attends, attends un peu… bois un coup ça va te remettre d’aplomb… 
Le Pilier  - Non non, rien à voir… on veut se rapprocher de la FFR. 
Max - Tu parlais de clique, de bande à Laporte, celui qui a commencé à démembrer le rugby tricolore… ya la même bande aux manettes… Brunette tu disais, qui a le charisme d'une moule et la vivacité d'un bulot... on a même revu Viviès le caillou dans les tribunes à ses côtés… la même clique qu’autrefois… qui a mis fin aux exploits.
Le Pilier - On n’avait pas tout compris faut croire… ils reviennent aux fondamentaux c’est ça… la parole des anciens ça compte quand même. 
Charles - Mais ils n’y comprennent rien… toujours la même chose… 
Le Pilier - Pas vrai, tiens regarde, ils changent l’équipe en permanence… preuve qu’ils veulent du changement… du changement comme continuité… rusé. 
Julien - Brunel a dit que c’est un "coup d’arrêt important cette défaite" 
Le Pilier - Tiens tu vois, c’est « important », il ne prend pas ça à la légère…  de plus un arrêt quand t'es bien lancé, ça peut faire du bien... pour remettre de la gazoline dans la machine.
Charles - Il a ajouté que les Anglais étaient trop forts pour nous… 
Le Pilier - Bien vu, il faudra jouer avec des moins forts que nous, là on avancera… c’est une histoire de calendrier c’est tout. 
Max - On est 10ème au classement IRB… encore du jamais vu… 
Le Pilier - C’est vrai, mais on est devant la Belgique, la Thaïlande et la Suisse… 
Julien - Parra le mollusque, comme tu disais avant, proposait de gagner le grand chelem en début de tournoi. « Pourquoi pas le grand Chelem » quand on lui parlait d’une ou deux victoires possibles… 
Le Pilier - C’était pour faire peur à l’adversaire. 
Max - Sûr qu’ils ont peur de nous… un Bleu a même ajouté que les adversaires justement profitaient de la faiblesse du XV de France pour nous battre… 
Le Pilier - Tiens tu vois… ils ne respectent rien les Anglais… c’est un bleu qui le dit… il était sur le terrain lui... il sait... une bonne analyse... c’est aussi pour ça qu’on n’a pas gagné. Ils en profitent tous. 
Julien - On n’aurait jamais dû t'astiquer… 
Le Pilier - Non non, merci à vous… faut positiver vous aviez raison… aller de l’avant enthousiaste, ne pas oublier le soleil masqué par la gabegie… gobichonner enjoué devant un bol de riz… écouter avec attention la gamelle résonner devant le buffet. Comme dit le penseur émérite, plomb qui coule ne flotte pas… à gambiller la pantoufle n’a pas froid… être sympa c’est mieux que ne l’être pas. 
Julien Max & Charles - ????? 

Nous avons laissé le Pilier en l’état… sans insister… en espérant quand même qu’il retrouve ses esprits. © Julien

30 janvier 2019

ALL BLACKS NÉGUENTROPIQUES

Dans une quinzaine, reprise du meilleur championnat planétaire. Pour nous mettre en cannes, rien de tel qu’un Super XV d’hémisud tout neuf, histoire d'ébranler l’atonie ambiante, s'extraire du roupillon saisonnier, somme toute nécessaire à tout organisme qui s’enquille des joutes de hautes tenues, titulaire à chaque grande rencontre, dans un sofa commode et qui ne lésine pas à confronter ses analyses devant les plus performantes teams du grand sud !!! Arf !!! 
Comme manière d’échauffement on se repasse d’anciennes bastons sur le Tube, revisionne des séquences marquantes, saupoudrées d’échanges avec quelques rares férus de cuir, sensibles à la raison, imperméables aux flonflons, calinotades et autres billevesées qui s’étalent un peu partout dans notre coin d’ici. Pour débuter l’échauffement et préparer en douce la nouvelle saison, on vous livre gratos cette entame avec l’impeccable Frédo, histoire de revitaliser les tuyaux, sans déperdition d’énergie. 

La chronique à Frédo
All Blacks néguentropiques !!! 

Une autre galaxie, NZ plus… pour la nommer, lointaine, qui n’a même pas attendu la fin du XVIIIème siècle pour piger ce qu’est le rugby de mouvement… pléonasme s’il en est, mais que semblent découvrir nos coquillards tricolorés !!! A bon entendeurs !!!
C’est parti !!! La parole est au king, comme l'atome est partout !!! hips !!!



Seconde loi de la thermodynamique - toute transformation irréversible, dans un système isolé ou fermé, entraîne une augmentation de l’entropie. 
L’entropie de l’univers augmente, indéfiniment. 
D'un point de vue philosophique on associe cette théorie à celle du désordre, l’univers tend naturellement au chaos
A l’inverse, sans intervention extérieure, le désordre ne peut devenir ordre. 

Pour répondre à cette vision, toujours philosophiquement, on a inventé alors le concept de néguentropie ou entropie négative. L'entropie étant énoncée comme spontanément croissante en système isolé, la notion de néguentropie est donc nécessairement limitée dans le temps ou l'espace ou ne peut s'appliquer qu'à un système ouvert. 
La néguentropie est ainsi utilisée en systémique comme synonyme de la force de cohésion
Les Blacks sont un système ouvert, on l’a déjà écrit. Adaptable. Darwinien. 
Et les Blacks sont néguentropiques

- Mais vraiment mon bon monsieur ? 
- Vi ! 
- Et c’est grave docteur ? 
- Pour les autres seulement.

Prenons le cas classique du turn-over. 
Les ceux d’en face paument ou se font piquer le cuir, et que passa alors ? Alors simple, les Blacks reconstituent une ligne d’avantage. Les n° dans le dos ne comptent plus car ils n’ont pas d’importance. Comme au rugby à 7 quand il est bien joué (bénis soient les fidjiens quand ils nous régalent la rétine). Chacun se place ou se replace – et tout est dans le placement – comme pointe d’attaque, relais, ball carrier, flèche noire, éclaireur, logistique aval, depuis l’endroit où il se situe sur le pré, quel qu’il soit. 
Ça donne un Codie Taylor qui marque comme ailier ou son alter ego Dan Coles toujours en jambes comme un ¾ et qui tatane au pied des passes millimétrées, un Joe Moody qui cad deb, le géant Rettalick qui enrhume avec son jeu de main, un Ioane en amont de ses centres, un Read en bord de touche, un TJ qui joue gros bras en 1ère ligne de front (comme feu Kelleher), le Savea aux dreadlocks (une vraie anguille çuilà) qui fait des passes à la Sonny Bill, etc etc… 
Dans une situation désorganisée, chaotique, ils recréent immédiatement, instantanément de l’organisation, de l’ordre, un schéma d’attaque (car schéma il y a toujours), « simplement » , car tout le monde sait jouer la partition sur d’autres instruments que le sien tout en gardant le tempo, le good flow, conséquence il y a toujours symphonie. 

C’est pile poil la définition de ce dont on cause. 
Ya des raisons culturelles of course. 
Le rugby s’apprend au pays du long nuage blanc non pas par classe d’âge, mais par classe de poids…et pieds nus. Gros minot joue en centre avec des plus âgés, et sera peut-être pilier later, petit gringalet joue devant avec des plus jeunes, et sera peut-être demi de mêlée plus tard, du coup savent tout faire les gus car formés à tout. 

A courir pieds nus tout n’est pas vitesse, non, pour qu’il y ait décalage, pour que ça fasse prise d’intervalle, tout est dans la trajectoire - regarder courir Mc Kenzie est pour cela un pur bonheur ! Faut voir son essai contre les Boks, course totally intouchable, sur autre planète le gars, un autre espace-temps, la 4ème dimension… 

A l’inverse le steak Chabal savait courir que tout droit… quand il défonce la mâchoire du grand Ali Williams… l’autre l’attend 10m avant à genoux car il savait où il allait atterrir…. de la carne toujours trop cuite tout çà…imbouffable quoi. 
Et c’est pour ça que leur rugby est total, n’importe quelle situation est une possibilité, un levier, une opportunité, qu’on soit arrière ou avant, petit ou big size, à droite ou à gauche, ça cause same language, toujours, ils se comprennent pour spontanément reconstruire, dans une tâche pourtant différente de celle de leur poste « officiel », beffroi, bélier, arbalète, trébuchet, catapulte…et bim attack on the fortress…. et (très) souvent gagner. 
Quand le cavalier sait devenir tour ou le fou être la reine… l’équipe devient alors plus que la somme individuelle des joueurs… 
Comme les Stones période Mick Taylor, Fleetwood Mac quand y’a Peter Green, les Pixies avec Kim Deal… sauf que là, et c’est ça le truc vraiment fort, c’est jamais les mêmes gonzes et pourtant ça le fait depuis des siècles… remember for example un Zinzan Brooke, 3ème poutre de dingue, vrai poisson pilote de ses lignes arrières et de Lomu notamment… © King Frédo

19 novembre 2018

FIERS IRLANDAIS

Le monde est unanime pour reconnaître qu’ils ont livrés un match de haute volée… les Blacks n’ont rien lâché… la joute était remarquable malgré un seul essai. Quelle débauche d’énergie… quel engagement, quel cœur battant. Le trèfle a phagocyté la horde noire de main de maître… cisaillant bien sévère, repoussant le père Retallick et consorts avec une vigueur de tous les diables. Que rajouter, peu, sinon que la victoire mettra du baume dans l’âme irlandaise, et la défaite ne peut que faire du bien aux Blacks. Comme le disait Hansen l'entraîneur, « les Blacks depuis trois ans n’ont pas l’habitude de perdre », cette anicroche va, sans doute aucun, connaissant les gonzes, motiver le groupe pour encore améliorer leur jeu. Il en est ainsi chez les maîtres du pâtis. 
Pas un essai !!! là quand même c’est un exploit de taille… il faut remonter à la CDM 2011 pour voir un score si minus, 9 points, un de plus que lors de cette finale contre les Bleus, mais sans un seul petit try cette fois… preuve de l’efficacité défensive adverse. Les Blacks ayant de plus l’habitude de planter en moyenne 30 pions à l’adversaire, faut reconnaître la rareté du fait et de mémoire immédiate n’avons pas souvenir d’une joute sans essai de leur part !!! 
Certes ces derniers abusent de voyages intercontinentaux, traversent la planète en long, large, et travers… avions carboniques dans l’atmosphère en veux-tu… comme cette avant dernière baston en Argentine chaque année qui leur fait carrément faire le tour du monde… pour rien. Sont toujours fatigués lors de la finale en Afrique du Sud. Par les temps de réchauffement qui courent, l’empreinte noire est pour le moins excessive, sinon stupide… le jeu n’en vaut pas la chandelle… c’est vraiment le cas de le dire !!! 
Les tri Nations ? C’était suffisant. Les Four un vrai délire. La Pampa est au bout du monde, qu’ils bâtissent un championnat sud-Américain et basta !!! Sachant de plus que les Pumas ne sont vraiment pas au niveau, plombent le challenge, comme les Italiens dans les six nations. En sus vont faire du gala au Japon les Kiwis, puis re-traversée pour atteindre l’Europe, l’Angleterre, l’Irlande, samedi l’Italie… une frénésie des turbines à nos yeux démesurée. Bref… si cela n’enlève rien à la victoire des verts… doivent être bien rincés. Vivement les vacances. Trop, est l’ennemi du bien… de la mesure en toutes choses devrait être un adage universel. On peut toujours rêver non ? Pour combien de temps encore ? Arf !!! © Le Pilier

16 novembre 2018

GOOD LUCK IRELAND

La meute antipodienne du long nuage blanc va piétiner demain le vert pâturage Irlandais. Pour sûr on s’attend à quelque chose de solide. Les verts voudront sans doute réitérer l’exploit de Chicago, cette fois-ci at home, devant le peuple le plus fair-play de la planète rugby. Pas un bruit ne sourd quand l’adversaire tente une pénalité… applaudissent le camp adverse qui propose de belles figures... sont toujours enthousiastes, pour preuve cette anecdote vécue dans un rade parisien durant la CDM 2007. Étions cerné d’Irish guys… les Bleus joutaient leur équipe en match de poule. Dès les hymnes retentissants, après avoir entonné gaillards leur Ireland’s call… les gonzes ont poussé la Marseillaise au grand étonnement de notre groupe. Bras enserrant nos épaules... shoulder to shoulder, comme ils disent, pintes en dextres portées au zénith, les solides et joyeux irlandais entonnèrent « Allons-z’enfants… » sans même se planter dans les paroles. Certes l’accent modifiait sévère la comptine originale… mais l’intention, naturelle chez eux, était sans aucun doute de partager ce moment avec les figures d’adversaires du jour… nous en l’occurrence. Un vrai bon moment de rugby, tonifiant, poilant, ou malgré la défaite des leurs, 25-3, avons partagé grandement pichets, entonné moult chant tradi… débuté une nuit qui laissa quelques traces… comme ce souvenir impérissable.
Pourraient bien chez eux donner du sacré fil à retordre aux Blacks… menés par leur vaillant cap'tain Rory Best. On leur souhaite d’y parvenir…  et plus encore. Même si… même si… © Le Pilier 

Come the day and come the hour 
Come the power and the glory 
We have come to answer 
Our country's call 
From the four proud provinces of Ireland 

Ireland, Ireland 
Together standing tall 
Shoulder to shoulder 
We'll answer Ireland's call

13 novembre 2018

MASTER CLASS RUGBY

Ben voilà !!! Ya des gonzes qui disent parfaitement de façon concise, ce que certains n'ont même pas le loisir d'entrevoir !!! Histoire d'affermir la nuance sise dans l'interview d'hier... "tous les gaziers du XV d'hexagonie ne sont pas des branques". King Fredo est un saveur*... sans contredit... une pièce maîtresse de la team Pil. On vous livre son analyse, impec, simple et magistrale... dans la nouvelle rubrique Master Class.
La chronique à Frédo
Remember NZ against les petits z’hommes v’eire, y’a queq temps, qui menaient 19-0 en fin du 1er round. Le game finit à 22 partout sur un essai de Crotty à la dernière minute. 
Commentaire du briton dans le poste ; « My goodness » – oui l’ami, t’as raison , c’est beau, carrément même, pis dans la foulée, analyse in vivo, « Those AB’s, they never stop to believe ». Excellente analyse, qui mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle dit un peu de l’essentiel


Le coup de génie du big captain magic K2R samedi dernier, c’est, pourtant menés 15-0, de prendre une mêlée dans les tranchées adverses. 

Prenons le temps d’analyser ce que cela sous-entend en terme de stratégie, de maîtrise, et de totale confiance en ses ressources. On pourrait gausser ad nauseam sur l’art de la guerre, patati patata, l’ennemi, bref.

Les blacks sont une entité, un organisme vivant, une régulation boucle ouverte. Les cellules qui le composent ont toutes des skills, qui ne sont pas d’un nombre infini d’ailleurs, on peut en citer un peu, l’offload comme religion, des plaquages efficaces position basse, le passeur qui s’intercale à nouveau dans la ligne pour continuer la teuf (jamais on le voit dans l’hémisnord, mais alors jamais, pourtant simple le principe du surnombre), mais c’est pas la substantifique moelle. 

Le principe fondamental est celui d’un cuir vivant, par principe, on ferait du lean on dirait limiter les ruptures de flux, les points d’arrêt, les stockages intermédiaires, les stop and go. Le sang s’oxygène, en permanence. 

Après l’organisme darwinien s’adapte, en faisant varier l’utilisation d’us et coutumes, de schèmes d’activités, au plus juste de ce qui est proposé en face (commentaire du head coach après la défaite contre les Boks, "cela doit nous apprendre des choses, pour nous améliorer encore"

Mathématiquement cela s’approche du principe des factorielles, 5 skills, c’est déjà 120 possibilités, avec 10 on est déjà au-dessus du million… Cette équipe est en permanence stratégie d’apprentissage, on ferait du soft on dirait comme un malware qui mute pour in fine cracker le code, ça s’ouvre, ça s’ouvrira, inéluctablement, irrémédiablement, le verrou saute, hé oui, Paris n’est pas la France, une bataille n’est pas la victoire, un match dure bien 80 minutes, etc etc…

Alors du coup, à 0-15, no stress, this is not over, wait my friend, don’t leave, position, possession, occupation puis blitzkrieg, traversée des Ardennes, bim, try, next round ‘ll be different, hé hé hé…. © King Fredo

* Saveur: qui sait... avec ce quelque chose de savoureux, du fait même de son indiscutable rareté.