
AUX ARMES ET NERF DE BLEUS…
(Ou ne pas numéroter les abattis avant le décompte final)
Certains ça et là, confondus de voir un groupe aussi disparate affronter la meilleure formation de la galaxie connue, ricanent du retour des quasi retraités, dubitatisent de livrer des gamins bien tendres aux pinces monseigneur Collins, Woodcock et autres Jack and McCaw… Convaincus d’une défaite historique en terre sainte Maori, les pronostics les plus funestes alimentent le monde épars des Blogs, dans l’attente d’un record de pruneaux encaissés avec noyaux bouchant la glotte sans espoir de second souffle.
A quoi servira donc cette tournée ? Pourquoi ne pas attendre les éléphants titulaires ? Sans préparation digne, pourquoi livrer ces petits bleus dans l’urne profonde d’un Waterloo annoncé ? Les vieux grognards de jadis (Califano, Magne…) pourront-ils tenir le rang ? Quel intérêt ? Quelle inconséquence ? Quelle audace ? Cette équipe incongrue sera-t-elle bien tondue ?
Le Pilier, rétif de nature profonde aux pronostics de comptoir, se plait à ne jamais croire, en matière de combat, à la défaite convenue de ses troupes, même si tout ce ramdam autour de l’enterrement des bleus n’est finalement que la reconnaissance avouée de l’hégémonique force des All Blacks, quasi invaincus ces dernières années. Sur le papier, c'est mal engagé. Pour le terrain il faut attendre… validant par le fait le philosophique et prudent adage de nos cousins d’Outre-manche, maîtres en matière d’Empire, inévitablement de bastons soumitives : " Wait and see ". Même si ... même si...
Le Pilier veut croire qu’une équipe peu contrite aux directives d’un entraîneur ayant fait ses preuves en matière d’incompétence, peut s’engager sans complexe dans une lutte farouche et pourquoi pas retrouver ce rugby panaché que nous pratiquions jadis, décomplexés, surtout quand nous joutions en terres lointaines.
Du nerf de Bleus ! L’histoire nous a montré que lorsque on attend le pire, le meilleur s’invite parfois, intempestif … et "tout devient possible !" N’est-ce pas là slogan d’époque, qu'un certain nombre de Français ont plébiscité il y a peu ? Le meilleur donc... comme le pire.
L’entraîneur All Black, vieux sage, prend ce match au sérieux, ne sous estimant pas nos troupes, comme tous les grands stratèges.
"Pour traverser les murs, suffit d'ouvrir les portes" déclame Guichard-Meili.
La clef victorieuse.
© Le Pilier


